PRINCIPE DE NOTRE DISCIPLINE
| 1 - Synchronisation |
A l’apprentissage, la première difficulté à résoudre est l'enchaînement des mouvements :
• Avancer, en faisant coulisser le siège (« rouler », « coulisser », « préparer »)
• Tourner les pelles à la verticale
• Mettre les pelles dans l'eau (« attaquer »)
• Pousser sur les jambes, bras tendus
• Une fois les jambes tendues, tirer sur les épaules
• Tirer sur ses bras
• Appuyer sur les poignées pour sortir les pelles de l'eau (« finir », « dégager », « sortir de l’eau »)
• Tourner les pelles à l’horizontale
• Tendre rapidement les bras
• Se pencher en avant, dos verrouillé (sans ailes de poulet avec les bras, ni dos de chat)
• Plier les jambes lentement pour avancer (« retour de coulisse », « retour », « rouler »)
Cela fait beaucoup de mouvements à enchaîner : il est donc préférable de ne pas y ajouter les problèmes d’équilibre, tels qu’on les rencontre sur les bateaux fins. |
| 2 - Equilibre |
Les bateaux sont très instables : à l’arrêt, ils ne restent pas en équilibre sur l'eau si le rameur ne tient pas ses rames ! S’ils sont si instables, c’est pour aller vite.
Par leur conception, on cherche à :
• Déplacer peu d'eau. Les bateaux sont légers (flottabilité optimale) et allongés (stabilité en tangage).
• Diminuer les frottements. Les bateaux sont fins, pour réduire la traînée.
L’hydrodynamique nous apprend que plus la surface mouillée est grande, plus la résistance augmente. La forme optimale en terme de volume est le cylindre : voilà pourquoi les bateaux sont arrondi comme un tronc d'arbre. C'est le meilleur moyen d’allier une petite surface mouillée à un grand volume immergé.
On pourrait imaginer diminuer la couche limite (volume de liquide entraîné par viscosité lors du déplacement, générateur de traînée supplémentaire) en « striant » la coque comme une peau de requin, à l’instar des tenue développée pour la natation. Pour l’instant, ces technologies n’ont pas encore été appliquées, vu les prix élevés de la mise en oeuvre.
Il est évident que la construction doit être adaptée au poids du rameur : un rameur léger assis dans un "porteur lourd" ira moins vite parce que la surface de frottement est plus importante et la stabilité de forme moins bonne.
Pour assurer la stabilité latérale, on se sert des pelles comme point d'appui (pendant la passée dans l'eau) et comme balancier (pendant la préparation).
Les défauts d'équilibre proviennent généralement :
• D’une mauvaise attaque. La pelle n’arrive pas verticalement dans l’eau à la prise d’eau ou les pelles bâbord et tribord ne sont pas synchrones.
• D’une précipitation lors de préparation. Le « roulé » est irrégulier ou la séquence des mouvements incorrecte (coup de rein juste avant l’attaque, par exemple).
• D’une sortie de pelle mal gérée. La pelle ne sort pas franchement de l'eau, le bateau n’est pas tenu plat lors de cette phase ou encore la pelle n’est pas tenue à distance de l’eau lors de la préparation (laisser « plumer » les pelles sur l’eau). |
| 3 - Le dégagé |
Le dégagé intervient à la fin de la passée dans l'eau. On ramène les mains à la poitrine : les pelles restent dans l'eau jusqu'à la fin du mouvement. On dégage en appuyant sur les poignées : les pelles sortent alors de l’eau verticalement. Par une pression du pouce, on met les pelles à plat, tout en renvoyant les mains en direction des genoux. Les mains sont dans la position la plus basse lorsque les bras sont tendus et restent à cette hauteur jusqu'au ¾ de coulisse environ. |
| 4 - L'attaque |
L’attaque intervient à la fin de la préparation, au ¾ de coulisse environ, la pelles est alors verticales par rapport au plan d'eau. L'attaque consiste à faire entrer les pelles dans l’eau, en se laissant gagner par leur poids en un mouvement ample (« aller chercher l’eau »). L’entrée dans l’eau et l’arrivée à la position pleine coulisse doit intervenir en même temps. Dès que les pelles sont couvertes, il faut donner une impulsion initiale sur les jambes afin de caler les pelles dans l’eau. On « prend appui » sur l’eau. |
| 5 - Le réglages du bateau |
Les réglages possibles sont :
1. La position des cale-pieds : Faire toucher les deux poignées des pelles et se pencher légèrement sur l'arrière : l’espace entre les manches et la poitrine doit être d’une largeur de main.
2. La hauteur des dames de nage : au finish, les pelles encore immergées, les mains doivent se situer au niveau du bas des côtes. La mode est de régler un peu plus haut que par le passé («haches»).
3. Le bras de levier : écartement des dames de nages et position des collerettes sur l'aviron. Sur un skiff, la collerette est placée à 89 centimètres du manchon. Cette cote est de 86 centimètres sur un quatre de couple, mais d’autres valeurs (de 88 à 90 centimètres) sont possibles.
4. La position des rails de la coulisse : Ils doivent être réglé de manière à dépasser l’axe entre les 2 dames de nage de 6 à 8 centimètres. S’il n’est pas possible d’obtenir ce réglage avec les rails, il faut monter les portants différemment. A noter : "faire du rodéo": se dit de la sensation d'une coulisse qui coince, généralement parce qu’elle est sale...
5. L’angle d’attaque : C'est l'angle que fait la pelle mise à l’eau avec la verticale. Il est généralement compris entre -2 et -4° de manière à donner une tendance à « couler », qui compense le fait que l'on tire légèrement vers le haut. Ce réglage est également appelé « angle de coiffe »
Sur des bateaux d'entraînement, la coque glisse un peu moins bien (et le niveau du rameur est en général moins élevé). Il conviendrait de régler le bras de levier de manière à faire correspondre la résistance dans l’eau à celle d’un bateau de compétition. Exemple : si un bateau d'entraînement va 10% moins vite, on diminue le levier intérieur en déplaçant la collerette vers l’extérieur de 7cm environ. Pour passer d’une « pelle molle » à une « pelle dure », on change la position de la collerette de 2 à 3%. |
| 6 - Les manoeuvres : Mettre à l’eau et sortir de l’eau son embarcation |
Les manoeuvres à terre : sont les plus délicates et les plus risquées pour les bateaux. Normalement, un équipage (sans son barreur), doit être en mesure de les effectuer. Le bateau se porte par les fargues (bordure supérieure du pontage) ou par les les lisses et croisillons des coulisses.
Pour la mise à l’eau, il convient de mettre une main sous la coque (l’autre tenant le bateau par les lisses) pour éviter de toucher le bord du ponton. Cette façon de faire est indispensable sur les bateaux en bois, qui ne doivent à aucun prix entrer en contact avec le ponton! Ceci est également valable pour la sortie de l’eau.
Le bateau se porte à bout de bras ou incliné sur une épaule. Il est important que l’équipage suive les ordres du rameur le plus expérimenté.
Manoeuvres de port : Afin d’assurer un maximum de sécurité pour l’équipage et les autres usagers sur le plan d’eau, il est nécessaire de maîtriser ces manoeuvres. Sur les bateaux sans barreurs, ce sont la nage et le numero 4 qui dirigent les manoeurves (bien évidemment, sur les bateaux avec barreur, c’est ce dernier).
Dès les premières sorties, un équipage doit être en mesure :
• De freiner rapidement le bateau en immergeant les pelles (pour les équipages solides : pelles «à rebours»)
• De distinguer tribord de bâbord (ou plus simplement rouge et vert)
• De nager (bien entendu…), mais aussi de dé-nager
• Ramer (ou nager) et dé-nager en un seul mouvement (pour faire tourner le bateau sur place, par exemple)
• Tenir le bateau en équilibre sur sa lancée (pour laisser courir jusqu’à l’appontage)
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